
Photobiomodulation et thyroïde : l’infrarouge en soutien ?
octobre 20, 2026Thyroïde et chute de cheveux : quelles solutions ?

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Vos cheveux tombent davantage qu’avant, ils vous semblent plus fins, plus ternes depuis vos problèmes de thyroïde ? Vous êtes loin d’être la seule personne dans cette situation : la chute de cheveux liée à la thyroïde fait partie des conséquences qui inquiètent le plus, car elle touche directement l’image de soi.
Selon une revue de la littérature publiée en 2023, une perte de cheveux est observée chez environ une personne sur deux atteintes d’hyperthyroïdie et chez environ une sur trois atteintes d’hypothyroïdie [1]. Le lien entre thyroïde et chute de cheveux est donc bien réel.
Dans cet article, vous allez comprendre comment les hormones thyroïdiennes agissent sur le cheveu, comment reconnaître une perte de cheveux d’origine thyroïdienne, quelles carences rechercher et ce qui aide la repousse.
En bref• La thyroïde régule le cycle du cheveu : un manque comme un excès d’hormones thyroïdiennes peut provoquer une chute diffuse [1,2]. • Dans une étude chez 500 femmes, la chute était plus sévère en cas d’hypothyroïdie qu’avec une thyroïde normale ou une hyperthyroïdie [3]. • Une fois la thyroïde rééquilibrée, la chute s’arrête souvent, sauf si les follicules sont atrophiés [1]. • Des plaques sans cheveux évoquent plutôt une pelade, maladie auto-immune parfois associée aux troubles thyroïdiens [4]. |
Une thyroïde déréglée peut-elle faire tomber les cheveux ?
Oui. Le cuir chevelu fait partie des tissus sensibles aux hormones thyroïdiennes. En 2008, des chercheurs ont étudié des follicules pileux humains cultivés en laboratoire : les hormones thyroïdiennes stimulent la multiplication des cellules qui fabriquent le cheveu [2].
Comment fonctionne le cycle du cheveu ?
Chaque cheveu traverse trois phases : la croissance (phase anagène), qui dure de deux à huit ans, la transition (phase catagène), de quatre à six semaines, puis le repos (phase télogène), de deux à trois mois environ, avant sa chute [1].
Quand les hormones thyroïdiennes sont déséquilibrées, ce cycle se dérègle : trop de follicules quittent la croissance en même temps.
Qu’est-ce que l’effluvium télogène ?
L’effluvium télogène désigne une chute de cheveux diffuse, due au passage simultané d’un grand nombre de follicules en phase de repos. C’est la cause la plus fréquente de chute diffuse non cicatricielle chez la femme [7], et c’est aussi la forme la plus souvent observée en cas de maladie thyroïdienne [6].
Ce mécanisme explique le décalage : la chute peut apparaître plusieurs mois après le début du déséquilibre, et peut précéder les autres symptômes [1].
Hypothyroïdie et chute de cheveux : quels signes doivent vous alerter ?
Dans l’hypothyroïdie, la production d’hormones thyroïdiennes ralentit. D’après les chercheurs, ce ralentissement freinerait la division des cellules de la peau et de ses annexes, fait basculer des cheveux en phase de repos et retarde leur retour en phase de croissance [1].
Une étude rétrospective menée entre 2012 et 2022 a comparé trois groupes de 500 femmes au total, toutes atteintes d’effluvium télogène : thyroïde normale, hypothyroïdie et hyperthyroïdie. Une chute sévère (score SALT supérieur à 50) concernait 34 % des femmes hypothyroïdiennes, contre 18 % de celles dont la thyroïde fonctionnait normalement et 20 % des femmes hyperthyroïdiennes [3]. Les auteurs recommandent d’inclure un bilan thyroïdien dans l’exploration d’une chute de cheveux diffuse [3].
À quoi ressemble une chute de cheveux d’origine thyroïdienne ?
Elle est le plus souvent diffuse : elle touche l’ensemble du cuir chevelu, sans zone dégarnie bien délimitée [7]. Les cheveux tombent un peu partout, un peu plus à chaque brossage ou à chaque lavage.
Elle s’accompagne fréquemment d’autres signes évocateurs d’une hypothyroïdie, comme la fatigue, la frilosité, la peau sèche, la prise de poids ou des règles irrégulières [5]. Si plusieurs de ces signes vous parlent, un bilan est le bon réflexe.
Et l’hyperthyroïdie, fait-elle aussi tomber les cheveux ?
Oui. Un excès d’hormones thyroïdiennes peut lui aussi provoquer une chute diffuse, jusqu’à une personne sur deux selon la revue citée plus haut [1].
Hashimoto, Basedow, pelade : quel rôle joue l’auto-immunité ?
La thyroïdite de Hashimoto est une maladie auto-immune : le système immunitaire s’attaque à la thyroïde. C’est la première cause d’hypothyroïdie [8].
Parfois une maladie auto-immune en cache parfois une autre. La pelade (alopécie areata) se manifeste par des plaques sans cheveux, bien différentes de la chute diffuse de l’hypothyroïdie. Une méta-analyse de 50 études a montré que les personnes atteintes de pelade présentent plus souvent des anomalies du bilan thyroïdien, des anticorps antithyroïdiens et des maladies thyroïdiennes auto-immunes que la population générale [4].
Une autre méta-analyse a retrouvé des anticorps anti-TPO nettement plus fréquents chez ces personnes que chez les témoins [9]. Enfin, une troisième méta-analyse, portant sur 87 études, a relevé chez elles davantage de maladies thyroïdiennes, mais aussi d’anémie par carence en fer et davantage de carence en vitamine D [10].
Que faire au quotidien pour soutenir la repousse des cheveux ?
Soutenir la thyroïde reste la base (via suivi médical et naturopathique).
Les pistes suivantes, issues de l’approche en naturopathie fonctionnelle, vont certainement vous aider.
Faut-il se supplémenter en fer, zinc, sélénium ou vitamine D ?
Ces micronutriments participent au renouvellement des cellules du follicule et au bon fonctionnement du système immunitaire [13].
Au préalable il sera nécessaire de mesurer vos taux en ces nutriments avant de vous supplémenter. Un excès de certains compléments, comme la vitamine A ou le sélénium, peut lui-même aggraver la chute [13]. Faites-vous accompagner.
Quelle alimentation privilégier pour des cheveux en bonne santé ?
Privilégiez une assiette riche en protéines, en légumes verts, en œufs, en poissons gras, en oléagineux et en graines. Ces aliments apportent naturellement une partie des micronutriments dont le cheveu a besoin [13]. La poudre d’ortie et de moringa sont très intéressants également en tant que superaliments pour les cheveux.
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Quels gestes capillaires adopter ?
Limitez les outils chauffants (fer à lisser, boucleur, sèche-cheveux très chaud), brossez vos cheveux avec une brosse adaptée à vote type d echeveu et évitez les coiffures qui tirent, comme les tresses ou queue de cheval serrées.
Le soin du cuir chevelu est la base de travail : pratiquez le massage du cuir chevelu et utilisez des sérum non huileux adaptés je recommande selon les cas celui d’Aroma Zone ou de Monat pour les chute plus importantes (me contacter si la marque Monat vous intéresse et bénéficier de meilleurs prix)
Si votre chute de cheveux s’installe et que vous souhaitez être accompagné(e) dans une démarche globale (étude des carences, alimentation, micronutrition, hygiène de vie et bons gestes), vous pouvez prendre rendez-vous pour un accompagnement en naturopathie fonctionnelle.
Questions fréquentes sur la thyroïde et la chute de cheveux
L’hypothyroïdie fait-elle tomber les cheveux ?
Oui. Une perte de cheveux est observée chez environ une personne sur trois atteintes d’hypothyroïdie [1], et elle y est plus sévère qu’avec une thyroïde fonctionnant normalement [3].
Combien de temps après le début de la maladie thyroïdienne la chute apparaît-elle ?
Avec un décalage : le cycle du cheveu comprend une phase de repos de plusieurs mois [1].
Comment distinguer une chute d’origine thyroïdienne d’une pelade ?
La chute liée à la thyroïde est le plus souvent diffuse [7], alors que la pelade forme des plaques sans cheveux. Les deux peuvent coexister, car la pelade est plus fréquente chez les personnes ayant une maladie thyroïdienne auto-immune [4].
Les cheveux repoussent-ils quand la thyroïde est rééquilibrée ?
Souvent, oui : en améliorant votre production thyroïdienne, et en apportant les nutriments dont elle a besoin, cela arrête fréquemment la chute [1]. La repousse demande cependant du temps.
En résumé : thyroïde et chute de cheveux
Un dérèglement de la thyroïde, par manque comme par excès d’hormones, peut dérégler le cycle du cheveu et provoquer une chute diffuse. L’accompagnement que je propose repose sur la recherche et action sur la cause ayant déclenché vos troubles.
Références scientifiques :
- Hussein RS, Atia T, Bin Dayel S. Impact of thyroid dysfunction on hair disorders. Cureus. 2023;15(8):e43266. doi:10.7759/cureus.43266
- van Beek N, Bodó E, Kromminga A, Gáspár E, Meyer K, Zmijewski MA, et al. Thyroid hormones directly alter human hair follicle functions: anagen prolongation and stimulation of both hair matrix keratinocyte proliferation and hair pigmentation. J Clin Endocrinol Metab. 2008;93(11):4381-8. doi:10.1210/jc.2008-0283
- Bin Dayel S, Hussein RS, Atia T, Abahussein O, Al Yahya RS, Elsayed SH. Is thyroid dysfunction a common cause of telogen effluvium? A retrospective study. Medicine (Baltimore). 2024;103(1):e36803. doi:10.1097/MD.0000000000036803
- Lee S, Lee YB, Kim BJ, Lee WS. Screening of thyroid function and autoantibodies in patients with alopecia areata: a systematic review and meta-analysis. J Am Acad Dermatol. 2019;80(5):1410-1413.e4. doi:10.1016/j.jaad.2018.10.066
- Haute Autorité de santé. Prise en charge des hypothyroïdies chez l’adulte. Recommandation de bonne pratique [Internet]. Saint-Denis La Plaine: HAS; 2022 déc [cité 2026 oct 26]. Disponible sur: https://has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2023-03/recommandation_prise_en_charge_des_hypothyroidies_chez_ladulte_mel.pdf
- Skrok A, Kozłowska A. The role of hormonal thyroid gland pathology in hair disorders. Przegl Dermatol. 2013;100:384-91.
- Karakoyun Ö, Ayhan E, Yıldız İ. Retrospective review of 2851 female patients with telogen effluvium: a single-center experience. J Cosmet Dermatol. 2025;24(2):e70037. doi:10.1111/jocd.70037
- Ragusa F, Fallahi P, Elia G, Gonnella D, Paparo SR, Giusti C, et al. Hashimotos’ thyroiditis: epidemiology, pathogenesis, clinic and therapy. Best Pract Res Clin Endocrinol Metab. 2019;33(6):101367. doi:10.1016/j.beem.2019.101367
- Kinoshita-Ise M, Martinez-Cabriales SA, Alhusayen R. Chronological association between alopecia areata and autoimmune thyroid diseases: a systematic review and meta-analysis. J Dermatol. 2019;46(8):702-9.
- Lee S, Lee H, Lee CH, Lee WS. Comorbidities in alopecia areata: a systematic review and meta-analysis. J Am Acad Dermatol. 2019;80(2):466-77.e16. doi:10.1016/j.jaad.2018.07.013
- Trost LB, Bergfeld WF, Calogeras E. The diagnosis and treatment of iron deficiency and its potential relationship to hair loss. J Am Acad Dermatol. 2006;54(5):824-44. doi:10.1016/j.jaad.2005.11.1104
- Jonklaas J, Bianco AC, Bauer AJ, Burman KD, Cappola AR, Celi FS, et al. Guidelines for the treatment of hypothyroidism: prepared by the American Thyroid Association Task Force on Thyroid Hormone Replacement. Thyroid. 2014;24(12):1670-751. doi:10.1089/thy.2014.0028
- Almohanna HM, Ahmed AA, Tsatalis JP, Tosti A. The role of vitamins and minerals in hair loss: a review. Dermatol Ther (Heidelb). 2019;9(1):51-70. doi:10.1007/s13555-018-0278-6
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Article écrit par Sabrina Deschamps, biologiste, naturopathe fonctionnnelle, formatrice et fondatrice du site.
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