Photobiomodulation et thyroïde : l’infrarouge en soutien ?

parasites et hashimoto

Parasites et Hashimoto : 1 lien avec l’auto-immunité thyroïdienne ?

octobre 11, 2026
parasites et hashimoto

Parasites et Hashimoto : 1 lien avec l’auto-immunité thyroïdienne ?

octobre 11, 2026

Photobiomodulation et thyroïde : l'infrarouge comme soutien ?

 
 

Bienvenue sur Nature Ta Vie, le site dédié à la Santé fonctionnelle et à la Thyroïde ! Recevez mon Ebook dédié à la FATIGUE --> cliquez ici pour le recevoir gratuitement

Dans cet article, je fais le point sur ce que l'on sait au sujet de la photobiomodulation et de ses effets sur la thyroïde.

 

EN BREF :

• La photobiomodulation utilise une lumière proche infrarouge (environ 600 à 1 100 nm), sans produire de chaleur, et permet de soutenir le fonctionnement des cellules [1].
• Dans la thyroïdite de Hashimoto, des essais cliniques rapportent une baisse des besoins en lévothyroxine et des anticorps anti-TPO [2–4].
• Ce n'est pas un substitut à votre traitement, à votre suivi médical et naturopathique.

 

Qu'est-ce que la photobiomodulation (ou thérapie par Laser/LED de faible énergie) ?

La photobiomodulation (PBM), appelée aussi thérapie par laser de faible intensité (LLLT, pour low-level laser therapy), utilise la lumière rouge et proche infrarouge de faible puissance. Elle agit sur les cellules sans les chauffer [1].

Cette technique est étudiée depuis longtemps en dermatologie [6] et est même utilisée en France en oncologie (gestion de certains effets secondaires des traitements)[16].

Lumière rouge ou proche infrarouge : quelle différence ?

La lumière rouge est visible. La lumière infrarouge est invisible et pénètre plus profondément dans les tissus.

Cette nuance compte pour la thyroïde. Dans l'essai de référence, les chercheurs ont utilisé un laser infrarouge de 830 nm [5]. On parle donc souvent de « lumière rouge » alors qu'il s'agit surtout de proche infrarouge.

Comment la lumière agit-elle sur les cellules ?

L'hypothèse principale concerne les mitochondries, les centrales énergétiques de nos cellules. Les photons seraient captés par une enzyme appelée cytochrome c oxydase. Ils libéreraient le monoxyde d'azote qui la freine, ce qui augmente la production d'ATP, la molécule permettant de nous forunir l'énergie aux cellules [7,8]. Il a été observé une modulation du stress oxydatif, un effet anti-inflammatoire et une meilleure circulation locale [7,8].

Pourquoi la thyroïde est-elle une cible intéressante ?

Dans le cas de la thyroïdite de Hashimoto, le système immunitaire attaque la glande. S'installent alors une inflammation chronique et un stress oxydatif. Avec le temps, la production d'hormones thyroïdiennes (T4 et T3) diminue et conduit à l'hypothyroïdie [4].

La thyroïde se trouve juste derrière le cou : elle est donc facilement accessible à la lumière. Les chercheurs font l'hypothèse que la photobiomodulation pourrait favoriser la régénération des cellules thyroïdiennes et aider dans la modulation de la réponse auto-immune [5]. C'est une hypothèse, pas une certitude.

Que disent les études cliniques sur la photobiomodulation et la thyroïde ?

Étude brésilienne

Le travail le plus solide est un essai mené par l'équipe de Höfling [2]. Il a inclus 43 personnes en hypothyroïdie liée à une thyroïdite auto-immune.

Un groupe a reçu 10 séances de laser infrarouge à 830 nm, deux fois par semaine pendant 5 semaines. Un groupe placebo a reçu une lumière rouge de très faible puissance [5].

Résultats : une dose de lévothyroxine plus basse, une baisse des anticorps anti-TPO et une amélioration de l'aspect de la thyroïde à l'échographie [2,5]. Près de la moitié des personnes ayant eu les s »éances de laser infrarouge (47,8 %) n'ont pas eu besoin de lévothyroxine pendant les 9 mois de suivi [5]. Ce retrait du traitement était encadré par des dosages réguliers de TSH, de T4 et de T3.

Que reste-t-il six ans plus tard ?

Les mêmes chercheurs ont revu les participants 6 ans après l'essai [5]. La dose de lévothyroxine restait plus basse dans le groupe laser. En revanche, les anticorps anti-TPO et anti-thyroglobuline ne différaient plus significativement entre les groupes. Les effets semblent transitoires. Les auteurs estiment que des séances d'entretien seraient nécessaires [5].

Cela démontre à mon sens la nécessité de mettre en place d’autres actions en parallèle comme la correction des carences et le travail des causes profondes de l’auto-immunité.

Des résultats encourageants en association avec des compléments

Une étude menée chez 350 personnes atteintes de Hashimoto a comparé la photobiomodulation associée à des compléments (vitamine D, fer, sélénium) à des compléments seuls [3]. Le groupe ayant réalisé des séances de photobiomodulation a présenté une augmentation du rapport T3/T4, une baisse des anticorps anti-TPO et une réduction des besoins en lévothyroxine.

Un autre essai mené chez 74 femmes de 20 à 50 ans, suivies 6 mois, va dans le même sens : amélioration de la TSH, des anticorps anti-TPO et anti-TG, de la dose de lévothyroxine et de l'indice de masse corporelle [4]. Une étude de la même équipe, prolongée à 12 mois chez 97 participantes, rapporte en plus une normalisation du volume de la thyroïde à l'échographie [9].

Attention toutefois : ces travaux comparent « photobiomodulation + compléments » à « compléments seuls ». Il est donc difficile d'isoler l'effet de la lumière elle-même.

La photobiomodulation sur le cou est-elle sans danger ?

Elle est généralement bien tolérée. Dans le suivi à 6 ans, la fréquence des nodules thyroïdiens était comparable entre le groupe laser (3 personnes sur 25) et le groupe placebo (3 sur 18), et aucun nodule malin n'a été observé [5].

Concernant le risque de cancer, une revue systématique consacrée à la sécurité oncologique de la photobiomodulation (à visée esthétique) n'a pas identifié de preuve d'un risque chez l'humain [11].

Quelques précautions s'imposent néanmoins si vous réalisez des séances de photobiomodulation :

  • Protégez vos yeux avec des lunettes adaptées pendant les séances.
  • Évitez la photobiomodulation pendant la grossesse et en cas de lésion.
  • Des rougeurs cutanées passagères ont été rapportées dans d'autres indications [12].

 

Les lecteurs ont aussi lu l'article

"Thyroïde et naturopathie : approche fonctionnelle & solutions"

--> CLIQUER ICI

 

 
 

Comment utiliser la photobiomodulation pour la thyroïde en pratique ?

Les protocoles de recherche reposent sur un laser médical à 830 nm, avec 10 séances réparties sur 5 semaines [5]. Les appareils domestiques sont en général moins puissants que ceux des cabinets médicaux, et donc potentiellement moins efficaces.

Comme les effets ne sont pas permanents [5], des séances d'entretien seraient probablement nécessaires. Aucun protocole à domicile (durée, distance, fréquence) n'a été validé par un essai clinique.

Si vous souhaitez tester cette approche, voici le cadre à mettre en place :

  • Parlez-en d'abord à votre médecin, surtout si vous prenez de la lévothyroxine.
  • Faites un bilan thyroïdien de départ (TSH, T4 et T3 libre, anticorps anti-TPO), puis des contrôles réguliers.
  • Choisissez un appareil dont les longueurs d'onde sont documentées, et suivez la notice à la lettre. Un appareil PBM à usage médical doit répondre à la directive européenne 93/42/CEE ou au règlement (UE) 2017/745. Pour un usage bien-être, la certification CE électromagnétique (CEM) suffit.

Quelle place pour la photobiomodulation en naturopathie fonctionnelle ?

En naturopathie fonctionnelle, je la considère comme un outil complémentaire, pas comme un travail de fond. Elle ne prend tout son sens qu'une fois les fondamentaux posés : alimentation anti-inflammatoire, sommeil de qualité, gestion du stress et des émotions et correction des carences.

Les piliers de base

  • Vitamine D : une méta-analyse suggère que sa supplémentation peut diminuer les anticorps thyroïdiens dans la thyroïdite de Hashimoto [13]. Elle se dose avant de se supplémenter, et sous supervision par un professionnel.
  • Sélénium : il a été lié à un retour à l'euthyroïdie chez des personnes en hypothyroïdie auto-immune [14]. Ce complément doit être choisi en fonction du niveau de carence avec une personne formée en micronutrition.
  • Axe intestin-thyroïde: un essai randomisé en double aveugle a étudié des synbiotiques chez des personnes hypothyroïdiennes, avec des effets sur la fonction thyroïdienne et l'inflammation [15]. Soutenir l’écosystème intestinal reste un pilier de base dans Hashimoto.

 

Chaque personne est différente. L'intérêt d'un accompagnement individuel est de décider ensemble de ce qui a du sens pour vous.

Photobiomodulation et thyroïde : questions fréquentes

La lumière rouge fait-elle baisser les anticorps anti-TPO ?

Certaines études rapportent une baisse des anticorps anti-TPO après photobiomodulation [2–4]. Mais à 6 ans, la différence avec le groupe placebo n'était plus significative [5]. D’autres études sont nécessaires pour mieux comprendre les conditions de stabilisation.

Peut-on arrêter la lévothyroxine grâce à la photobiomodulation ?

Non, pas de votre propre initiative. Dans les essais, toute réduction du traitement était encadrée médicalement et surveillée par des prises de sang [2,5].

La photobiomodulation est-elle utile en cas d'hyperthyroïdie ou de maladie de Basedow ?

Les études disponibles concernent la thyroïdite de Hashimoto et l'hypothyroïdie. Je n'ai pas identifié de données pour l'hyperthyroïdie ou la maladie de Basedow.

Combien de séances de photobiomodulation faut-il pour la thyroïde ?

Dans l'essai de référence, 10 séances de laser réparties sur 5 semaines ont été réalisées, avec des effets qui s'estompent avec le temps [5]. Il n'existe pas de protocole standard validé.

Photobiomodulation et thyroïde : ce qu'il faut retenir

La photobiomodulation est une piste prometteuse pour la thyroïde. Les premiers essais rapportent une baisse des besoins en lévothyroxine et des anticorps anti-TPO dans la thyroïdite de Hashimoto, avec un bon profil de sécurité. Mais les effets semblent transitoires et demande à s’étoffer en termes d’études.

Elle peut trouver sa place en complément d'un accompagnement global : alimentation, micronutriments, axe intestin-thyroïde, gestion du stress et suivi médical.

 

Cet article est à titre informatif. Il ne remplace pas un avis médical, un diagnostic ou un traitement. Ne modifiez jamais votre traitement thyroïdien sans l'accord de votre médecin

 

Références scientifiques

  1. Chung H, Dai T, Sharma SK, Huang Y-Y, Carroll JD, Hamblin MR. The nuts and bolts of low-level laser (light) therapy. 2012;40(2):516-33. doi:10.1007/s10439-011-0454-7. PMID: 22045511.
  2. Höfling DB, Chavantes MC, Juliano AG, Cerri GG, Knobel M, Yoshimura EM, et al. Low-level laser in the treatment of patients with hypothyroidism induced by chronic autoimmune thyroiditis: a randomized, placebo-controlled clinical trial. 2013;28(3):743-53. doi:10.1007/s10103-012-1129-9. PMID: 22718472.
  3. Ercetin C, Sahbaz NA, Acar S, Tutal F, Erbil Y. Impact of photobiomodulation on T3/T4 ratio and quality of life in Hashimoto thyroiditis. 2020;38(7):409-12. doi:10.1089/photob.2019.4740. PMID: 32186976.
  4. Berisha-Muharremi V, Tahirbegolli B, Phypers R, Hanna R. Efficacy of combined photobiomodulation therapy with supplements versus supplements alone in restoring thyroid gland homeostasis in Hashimoto thyroiditis: a clinical feasibility parallel trial with 6-months follow-up. 2023;13(8):1274. doi:10.3390/jpm13081274. PMID: 37623524.
  5. Höfling DB, Chavantes MC, Buchpiguel CA, Cerri GG, Marui S, Carneiro PC, et al. Safety and efficacy of low-level laser therapy in autoimmune thyroiditis: long-term follow-up study. 2018;2018:8387530. doi:10.1155/2018/8387530. PMID: 30532779.
  6. Jagdeo J, Austin E, Mamalis A, Wong C, Ho D, Siegel DM. Light-emitting diodes in dermatology: a systematic review of randomized controlled trials. 2018 Jan 22. doi:10.1002/lsm.22791. PMID: 29356026.
  7. Hamblin MR. Mechanisms and mitochondrial redox signaling in photobiomodulation. 2018;94(2):199-212. doi:10.1111/php.12864. PMID: 29164625.
  8. de Freitas LF, Hamblin MR. Proposed mechanisms of photobiomodulation or low-level light therapy. 2016;22(3):348-64. doi:10.1109/JSTQE.2016.2561201. PMID: 28070154.
  9. Berisha-Muharremi V, Tahirbegolli B, Phypers R, Hanna R. Evaluation of thyroid volume normalisation in female patients with Hashimoto thyroiditis: a 12-month comparative study of combined supplements and photobiomodulation versus supplementation alone. 2025;13(7):1555. Available from: https://www.mdpi.com/2227-9059/13/7/1555
  10. Lee YI, Lee E, Nam K-H, Shin DY, Kim J, Suk J, et al. The use of a light-emitting diode device for neck rejuvenation and its safety on thyroid glands. 2021;10(8):1774. doi:10.3390/jcm10081774. PMID: 33921839.
  11. Glass GE. Photobiomodulation: a systematic review of the oncologic safety of low-level light therapy for aesthetic skin rejuvenation. 2023;43(5):NP357-71. doi:10.1093/asj/sjad018. PMID: 36722207.
  12. Wu Y, Deng Y, Huang P. Application of red light therapy for moderate-to-severe acne vulgaris: a systematic review and meta-analysis. 2021;20(11):3498-508. doi:10.1111/jocd.14369. PMID: 34363730.
  13. Tang J, Shan S, Li F, Yun P. Effects of vitamin D supplementation on autoantibodies and thyroid function in patients with Hashimoto's thyroiditis: a systematic review and meta-analysis. 2023;102(52):e36759. doi:10.1097/MD.0000000000036759. PMID: 38206745.
  14. Nordio M, Pajalich R. Combined treatment with myo-inositol and selenium ensures euthyroidism in subclinical hypothyroidism patients with autoimmune thyroiditis. 2013;2013:424163. doi:10.1155/2013/424163. PMID: 24224112.
  15. Talebi S, Karimifar M, Heidari Z, Mohammadi H, Askari G. The effects of synbiotic supplementation on thyroid function and inflammation in hypothyroid patients: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. 2020;48:102234. doi:10.1016/j.ctim.2019.102234. PMID: 31987229.
  16. OncoLum Photobiomodulation (Centre Gustave Roussy) : https://www.gustaveroussy.fr/patients-proches/soins/accompagnement-soins-support/oncolum-centre-photobiomodulation-oncologie

Dites-moi en commentaire si cet article vous parle ! 

 

Article écrit par Sabrina Deschamps, biologiste, naturopathe fonctionnnelle, formatrice et fondatrice du site.

Son Instagram : clique ici

Son Youtube : clique ici 

Si vous avez trouvé cet article utile vous pouvez le partager :)

Laisser un commentaire