Parasites et Hashimoto : 1 lien avec l’auto-immunité thyroïdienne ?

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Parasites et Hashimoto : 1 lien avec l'auto-immunité thyroïdienne ?

 
 

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Vous êtes concerné par la thyroïdite de Hashimoto, et pourtant la fatigue, les ballonnements ou les troubles digestifs persistent malgré votre suivi ? Et si un parasite intestinal jouait un rôle ? Le lien entre parasites et Hashimoto intrigue.

Soyons clairs : le but de cet article n’est pas de dire que les parasites sont à l’origine de tous les problèmes de Hashimoto. Mais d’exposer les faits et études suggérant qu’ils peuvent, chez certaines personnes, participer au déclenchement ou à l’entretien de l’auto-immunité thyroïdienne. Voici ce que dit la science, et comment la naturopathie fonctionnelle permet de vous aider.

 

EN BREF :

• La thyroïdite de Hashimoto est un problème auto-immun multifactoriel : génétique, intestin, carences, stress et infections s’additionnent.
• Des associations entre certains parasites (Toxoplasma gondii, Blastocystis hominis) et l’auto-immunité thyroïdienne ont été observées
• Un parasite nécessite un diagnostic et un accompagnement médical.
• La naturopathie fonctionnelle accompagne en complément : santé digestive et intestinale, micronutriments, gestion du stress.

 

Qu’est-ce que la thyroïdite de Hashimoto ?

Une maladie auto-immune aux causes multiples

La thyroïdite de Hashimoto est la cause la plus fréquente d’hypothyroïdie [1]. Le système immunitaire produit des anticorps qui s’attaquent peu à peu à la glande thyroïde. Avec le temps, celle-ci fabrique moins d’hormones : c’est l’hypothyroïdie, qui est donc la conséquence du problème auto-immun.

Mais pourquoi le système immunitaire perd-il sa tolérance envers la thyroïde ? La génétique crée un terrain de susceptibilité. Il faut ensuite un ou plusieurs déclencheurs : carences en micronutriments, stress chronique, déséquilibre du microbiote intestinal, infections. Les parasites font partie des pistes à explorer.

Pourquoi les anticorps anti-TPO et anti TG comptent

Les anticorps anti-TPO (anti-thyroperoxydase) et anti-TG (anti-thyroglobuline) sont les marqueurs de référence de la maladie. Leur taux reflète l’activité auto-immune. En naturopathie fonctionnelle, on va chercher à mettre en place toutes les conditions propices à calmer l’auto-immunité en agissant sur ses déclencheurs.

 

Parasites et Hashimoto : que disent les études scientifiques ?

Les données reposent sur des études observationnelles et sur quelques travaux cliniques, centrés sur deux parasites : Toxoplasma gondii et Blastocystis hominis.

 

Toxoplasma gondii 

Toxoplasma gondii est un parasite unicellulaire que l’on peut contracter par de la viande insuffisamment cuite, ou par de l’eau et des aliments contaminés. Des anticorps dirigés contre lui ont été retrouvés plus souvent chez des personnes atteintes de maladies thyroïdiennes auto-immunes [2,3].

Dans une vaste étude portant sur 1 514 personnes atteints de 11 maladies auto-immunes et 437 témoins, ces anticorps étaient présents chez 42 % des personnes contre 29 % des témoins. Chez les participants européens, l’association concernait notamment les maladies thyroïdiennes auto-immunes [3].

Tous les résultats ne vont toutefois pas dans le même sens. Une étude cas-témoins menée au Mexique (176 patients, 528 témoins) n’a pas trouvé d’association globale entre positivité à T. gondii et dysfonctionnement thyroïdien [4].

 

Blastocystis hominis 

Blastocystis hominis est un protozoaire fréquemment retrouvé dans les analyses de selles. Longtemps jugé inoffensif, son rôle fait aujourd’hui débat.

En 2015, les auteurs d’un cas clinique concernant un homme de 49 ans ont observé que l’éradication de ce parasite avait conduit – au cours des quatre années qui ont suivi - à la normalisation de ses hormones thyroïdiennes et à la baisse de ses anticorps [5].

En 2020, une cohorte de 60 personnes (20 patients Hashimoto avec Blastocystis, 20 sans, et 20 témoins) a mesuré l’interleukine-17, une molécule inflammatoire. Six semaines après l’éradication du parasite, la TSH, les anti-TPO et l’interleukine-17 avaient significativement diminué, même si la baisse des anti-TPO restait modeste [6].

 

Que conclure de ses études ?

Ces travaux ouvrent une piste de recherche sérieuse. Ils ne permettent pas d’affirmer que les parasites causent la maladie mais qu’ils peuvent potentiellement jouer un rôle en tant que facteurs favorisant.

 

Comment un parasite pourrait-il favoriser l’auto-immunité thyroïdienne ?

Mimétisme moléculaire et inflammation chronique

Une hypothèse centrale repose sur la conservation des antigènes : certaines structures du parasite ressemblent à des protéines de notre propre organisme. En ciblant l’intrus, le système immunitaire pourrait alors réagir de façon croisée contre nos propres tissus [3].

Une infection persistante entretient par ailleurs une inflammation de bas grade, qui sollicite l’immunité en continu et fatigue ses mécanismes de régulation.

Perméabilité intestinale et axe intestin-thyroïde

Les parasites intestinaux peuvent aussi, dans certains cas, perturber l’équilibre de la flore et fragiliser la barrière intestinale. Or cette barrière contrôle l’équilibre entre tolérance et réponse immunitaire. Lorsqu’elle se dérègle chez une personne prédisposée, des troubles auto-immuns peuvent apparaître [7].

Chez les personnes concernées par Hashimoto, la composition du microbiote intestinal apparaît d’ailleurs modifiée [8]. L’axe intestin-thyroïde influence à la fois l’immunité et l’absorption de micronutriments essentiels à la thyroïde : iode, sélénium, zinc et fer [9].

 

Quels symptômes peuvent faire penser à une infection parasitaire ?

Les signes sont peu spécifiques et se confondent souvent avec d’autres problématiques de santé. Voici ceux qui doivent attirer l’attention :

  • ballonnements, gaz et douleurs abdominales récurrentes ;
  • diarrhée, constipation ou alternance des deux ;
  • fatigue persistante et sommeil perturbé ;
  • démangeaisons anales et/ou éruptions cutanées inexpliquées ;
  • fringales, ou perte de poids sans cause identifiée ;
  • antécédent de voyage en zone tropicale, de gastro-entérite ou de consommation d’eau non traitée.

Ces signes ne prouvent rien : seuls des examens médicaux (PCR des selles pour les protozoaires et analyse macroscopique des selles pour les helminthes) permettent de conclure. En cas de doute, parlez-en à votre médecin.

 
 

Quelles pistes d’action en naturopathie fonctionnelle ?

La naturopathie fonctionnelle cherche les causes profondes pouvant favoriser l’auto-immunité. Voici la démarche que je propose.

1. Débusquer les carences

Connaître ses carences permet d’ajuster l’alimentation et la micronutrition pour chaque personne : fer (ferritine), vitamine D, sélénium, zinc, cuivre.

Selon votre histoire et vos problématiques actuelles, une analyse parasitologique des selles peut être discutée avec votre médecin.

2. Traitement antiparasitaire avec le médecin

Si un parasite est identifié, le traitement repose sur des médicaments antiparasitaires prescrits par un médecin.

En parallèle, la naturopathie fonctionnelle permet de compléter le traitement médical avec des plantes adaptées et le soutien de l’écosystème intestinal.

3. Restaurer l’écosystème intestinal

Une alimentation riche en fibres, en légumes colorés et en aliments fermentés nourrit un microbiote diversifié. On réduit en parallèle les produits ultra-transformés et l’alcool, qui fragilisent la muqueuse. Des nutriments et/ou des probiotiques (biens choisis) agissant sur l’écosystème intestinal peuvent être proposés : leur supplémentation a montré des effets favorables sur la fonction thyroïdienne dans la littérature [9]. La personnalisation reste essentielle.

4. Corriger les carences en micronutriments

Le sélénium est le nutriment le plus étudié dans Hashimoto. Une méta-analyse de 2010 a associé trois mois de supplémentation à une baisse des anticorps anti-TPO et à un meilleur bien-être [10]. Une méta-analyse publiée en 2024 conclut à une baisse de la TSH et des anti-TPO chez les personnes sans traitement hormonal substitutif [1].

Attention toutefois : se supplémenter sans savoir si on a une carence n’est pas anodin. Les doses se définissent au cas par cas.

5. Apaiser le stress et protéger le sommeil

Le stress chronique perturbe la digestion, l’immunité et la conversion des hormones thyroïdiennes. Respiration, cohérence cardiaque, activité physique douce et rythme de sommeil régulier font partie intégrante du protocole.

6. Limiter l’exposition aux parasites au quotidien

Lavez-vous les mains avant de manger et après avoir manipulé de la viande crue. Buvez une eau de qualité, cuisez bien les viandes, lavez soigneusement les légumes et vermifugez-vous régulièrement, ainsi que les membres et animaux de votre foyer.

 

Parasites et Hashimoto : questions fréquentes

Les parasites peuvent-ils provoquer la maladie de Hashimoto ?

Les études suggèrent une association possible, mais aucune preuve définitive n’existe à ce jour. La thyroïdite de Hashimoto est multifactorielle : chez certaines personnes, un parasite peut représenter un déclencheur parmi d’autres [3,6].

Faut-il faire un test parasitaire quand on a un Hashimoto ?

Pas systématiquement. Il est pertinent en cas de troubles digestifs persistants, d’antécédent d’intoxication alimentaire, de voyage en zone à risque, ou si les anticorps restent élevés votre prise en charge.

Éliminer un parasite peut-il guérir un Hashimoto ?

Aucune donnée ne permet de promettre une guérison. Certaines études rapportent une amélioration après l’éradication de Blastocystis hominis [5,6], mais ces résultats restent à confirmer par des essais de plus grande taille.

L’ail ou les graines de courge éliminent-ils les parasites ?

Les parasites pouvant être différents, les stratégies avec les aliments et plantes seront différentes, il faut adapter selon le type de parasite, toujours en complément du traitement médical.

 

Cet article est proposé à titre informatif. Il ne remplace ni un diagnostic, ni une consultation médicale, ni un traitement prescrit. La naturopathie fonctionnelle est une approche complémentaire : ne modifiez jamais un traitement en cours sans l’avis de votre médecin.

 

Références scientifiques

  1. Huwiler VV, Maissen-Abgottspon S, Stanga Z, Mühlebach S, Trepp R, Bally L, et al. Selenium supplementation in patients with Hashimoto thyroiditis: a systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials. 2024;34(3):295-313. doi:10.1089/thy.2023.0556
  2. Tozzoli R, Barzilai O, Ram M, Villalta D, Bizzaro N, Sherer Y, et al. Infections and autoimmune thyroid diseases: parallel detection of antibodies against pathogens with proteomic technology. 2008;8(2):112-5. doi:10.1016/j.autrev.2008.07.013
  3. Shapira Y, Agmon-Levin N, Selmi C, Petríková J, Barzilai O, Ram M, et al. Prevalence of anti-Toxoplasma antibodies in patients with autoimmune diseases. 2012;39(1-2):112-6. doi:10.1016/j.jaut.2012.01.001
  4. Alvarado-Esquivel C, Ramos-Nevarez A, Guido-Arreola CA, Cerrillo-Soto SM, Pérez-Álamos AR, Estrada-Martínez S, et al. Association between Toxoplasma gondii infection and thyroid dysfunction: a case-control seroprevalence study. 2019;19(1):826. doi:10.1186/s12879-019-4450-0
  5. Rajič B, Arapović J, Raguž K, Bošković M, Babić SM, Maslać S. Eradication of Blastocystis hominis prevents the development of symptomatic Hashimoto's thyroiditis: a case report. 2015;9(7):788-91. doi:10.3855/jidc.4851
  6. El-Zawawy HT, Farag HF, Tolba MM, Abdalsamea HA. Improving Hashimoto's thyroiditis by eradicating Blastocystis hominis: relation to IL-17. 2020;11:2042018820907013. doi:10.1177/2042018820907013
  7. Fasano A. Leaky gut and autoimmune diseases. 2012;42(1):71-8. doi:10.1007/s12016-011-8291-x
  8. Zhao F, Feng J, Li J, Zhao L, Liu Y, Chen H, et al. Alterations of the gut microbiota in Hashimoto's thyroiditis patients. 2018;28(2):175-86.
  9. Knezevic J, Starchl C, Tmava Berisha A, Amrein K. Thyroid-gut-axis: how does the microbiota influence thyroid function? 2020;12(6):1769. doi:10.3390/nu12061769
  10. Toulis KA, Anastasilakis AD, Tzellos TG, Goulis DG, Kouvelas D. Selenium supplementation in the treatment of Hashimoto's thyroiditis: a systematic review and a meta-analysis. 2010;20(10):1163-73. doi:10.1089/thy.2009.0351

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Article écrit par Sabrina Deschamps, biologiste, naturopathe fonctionnnelle, formatrice et fondatrice du site.

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