
Trisomie 21 et thyroïde : 1 population particulièrement concernée
mai 13, 2026Virus et thyroïde : 1 lien avec Hashimoto & Basedow ?

Saviez-vous qu’un épisode infectieux - même datant de plusieurs années - pouvait laisser des traces ? Voir même entrainer un problème de thyroïde ? Que cela pouvait conduire à des anticorps anti-thyroïdiens ?
L’hypothèse d’un lien étroit entre virus et thyroïde est évoquée dans de nombreuses publications scientifiques. Pourtant, elle reste parfois méconnue. Cet article fait le point sur ce que l'on sait, les mécanismes impliqués, et surtout ce que l'on peut faire concrètement en approche fonctionnelle pour reprendre les rênes de sa santé thyroïdienne.
Thyroïde et infections virales : un lien documenté
La thyroïde est une glande endocrine particulièrement vulnérable aux agressions virales. Plusieurs virus ont été identifiés comme facteurs déclenchants ou aggravants de maladies thyroïdiennes, notamment :
- Le virus Epstein-Barr (EBV), responsable de la mononucléose infectieuse
- Le cytomégalovirus (CMV)
- Le virus de l'hépatite C (VHC)
- Le SARS-CoV-2 (Covid-19)
Ces agents infectieux peuvent déclencher ou amplifier des troubles thyroïdiens en déclenchant des réactions auto-immunes et une inflammation chronique visant la glande, comme la thyroïdite de Hashimoto.
EBV et thyroïde : quand la mononucléose favorise l’auto-immunité
Le virus Epstein-Barr (EBV) est sans doute le plus étudié dans le cadre des maladies thyroïdiennes auto-immunes. Il infecte 90 à 95 % de la population mondiale, reste latent dans l’organisme, et peut se réactiver lors d'un affaiblissement du système immunitaire.
Plusieurs mécanismes sont mis en avant pour expliquer le lien entre EBV et thyroïdite de Hashimoto :
Mimétisme moléculaire : le système immunitaire qui se trompe de cible
Certaines protéines du virus EBV partagent des séquences similaires avec des protéines de la thyroïde — notamment la thyroperoxydase (TPO) et la thyroglobuline. Le système immunitaire, en produisant des anticorps anti-EBV, peut produire des auto-anticorps anti-TPO et anti-thyroglobuline : c'est le fameux mimétisme moléculaire. Ce mécanisme est reconnu comme l'une des hypothèses majeures des maladies auto-immunes thyroïdiennes post-virales.
L'activation du système immunitaire et inflammation chronique
L'infection par EBV provoque une activation intense et durable du système immunitaire. Cette hyperactivité immunitaire, combinée à une inflammation systémique persistante, crée un terrain propice à l'auto-immunité. Le tissu thyroïdien, étant particulièrement sensible à certaines cytokines pro-inflammatoires, se retrouve en première ligne de cette réaction.
CMV, Covid-19 : des virus liés aux troubles thyroïdiens
Le cytomégalovirus (CMV) partage avec l'EBV de nombreuses caractéristiques : il s'installe discrètement dans l'organisme et peut se réactiver à tout moment. Des études ont mis en évidence la présence de CMV dans le tissu thyroïdien de personnes atteintes de thyroïdite.
Depuis la pandémie, l'impact du SARS-CoV-2 sur la thyroïde fait l'objet de nombreuses études. Thyroïdite post-Covid, ou encore déclenchement de problémes de thyroïde auto-immunes. Le syndrome de fatigue post-Covid partage d'ailleurs de nombreux points communs avec l'hypothyroïdie, ce qui complique parfois l’enquête sur les causes de cette fatigue chronique.
Pourquoi certaines personnes développent-elles Hashimoto après une infection virale ?
N’ayez pas peur, toutes les personnes qui ont eu la mononucléose ne développent pas une thyroïdite de Hashimoto. Qu'est-ce qui fait la différence ? En naturpathie fonctionnelle, nous parlons de terrain. Plusieurs facteurs augmentent la vulnérabilité thyroïdienne suite à l'exposition aux virus :
- Un système immunitaire fragilisé ou dérégulé, souvent lié à l'état du microbiote intestinal et de la muqueuse intestinale
- Des carences nutritionnelles en cofacteurs : sélénium, zinc, vitamine D, iode, fer
- Un stress chronique ou une fatigue des glandes surrénales
- Une hyperperméabilité intestinale (leaky gut) favorisant l'auto-immunité
- Une charge toxique élevée (perturbateurs endocriniens, métaux lourds) qui affaiblit la défense immunitaire
- Un déséquilibre de la réponse Th1/Th2 du système immunitaire
C'est précisément sur ces facteurs que l'approche fonctionnelle va agir — non pas en masquant les symptômes, mais en modifiant le terrain pour que le corps cesse d'être aussi réactif.
Infection virale et Hashimoto
Au-delà de la réaction auto-immune qui peut se déclencher, les infections virales perturbent directement le métabolisme thyroïdien par plusieurs voies :
Les hormones thyroïdiennes perturbée par l'inflammation
L'inflammation chronique induite par les virus inhibe l'activité des hormones thyroïdiennes. Résultat : même avec une TSH normale et une T4 correcte, la T3 libre (forme active) peut être basse ou peut avoir du mal à rentrer dans vos cellules, entraînant des symptômes typiques d'hypothyroïdie : fatigue, frilosité, chute de cheveux, prise de poids, brouillard mental — sans que les analyses ne montrent quoi que ce soit d'anormal.
La rT3 ou reverse T3 : le frein de la thyroïde
En situation d'infection ou d'inflammation intense, l'organisme peut produire davantage de reverse T3 (rT3), une forme inactive de la T3. C'est un mécanisme de protection à court terme — le corps ralentit pour économiser ses ressources — mais qui, lorsqu'il persiste, entretient une hypothyroïdie même après la guérison de l'infection.

Approche fonctionnelle : quelles pistes explorer ?
Si vous suspectez un lien entre une infection virale passée (ou cachée) et vos problèmes de thyroïde actuels, voici les axes d'investigation et d'action :
1. Un bilan ciblé thyroïde, virus et immunité
Faites un bilan avec un médecin ou directement en laboratoire : TSH, T4 libre, T3 libre, anticorps anti-TPO, anticorps anti-thyroglobuline, RT3. Une PCR EBV et CMV permet d'identifier une présence ou réactivation virale récente.
2. Agir sur le microbiote, la perméabilité intestinale...
L'intestin est le pilier de l'immunité. 70 à 80 % du système immunitaire réside dans la muqueuse intestinale. Une dysbiose intestinale, une hyperperméabilité (leaky gut), et/ou la présence d'une candidose peuvent entretenir l'état inflammatoire et auto-immun, rendant le corps incapable de gérer correctement à la fois virus et inflammation excessive. Restaurer l'intégrité intestinale est une étape non négociable dans un accompagnement en naturopathie fonctionnelle.
Si une réactivation virale est suspectée (EBV notamment), des produits naturels (mycothérapie, plantes anti virales…) et des micronutriments (vitamine D, zinc, sélénium…) peuvent être envisagés en parallèle — toujours dans le cadre d'un accompagnement personnalisé.
3. Soutenir la conversion hormonale et la fonction mitochondriale
Lorsque l'inflammation (d’origine virale ou non) perturbe l’activité et l'action des hormones thyroïdiennes, il est essentiel de soutenir les organes impliqués dans cette activité, comme le foie (premier site de conversion) et l'intestin. En parallèle, le soutien des mitochondries (les cibles des hormones thyroïdiennes) sera pertinent dans ce cas de figure. Des actifs comme la NAC, le coenzyme Q10, le magnésium et les vitamines B sont également des soutiens mitochondriaux précieux dans la récupération post-infectieuse.
Vous vous reconnaissez dans ce tableau ?
Vous avez eu une mononucléose, un Covid long ou une infection virale qui vous a changé votre quotidien depuis ? Vous avez une fatigue inexpliquée, vous sentez que quelque chose ne va pas ? Ou bien vous venez de recevoir un diagnostic de thyroïdite de Hashimoto sans comprendre d'où cela vient ?
Ces situations ne sont pas une fatalité. Elles ont des causes identifiables, des mécanismes biologiques précis, et des pistes de solutions concrètes.
En consultation de naturopathie fonctionnelle, nous allons :
- Retracer votre historique pour identifier les déclencheurs
- Identifier de possibles carences en lien avec votre problématique
- Construire une stratégie personnalisée : alimentation, micronutrition, soutien immunitaire, gestion du stress
- Vous accompagner pas à pas dans la durée, avec des ajustements réguliers en fonction de votre évolution
Références scientifiques:
Du S, Chen J, Li W, Wang M and Mao Y (2024) Development of autoimmune thyroid disease after COVID-19 infection: case report. Front. Med. 11:1303855. doi: 10.3389/fmed.2024.1303855
Frank TS, LiVolsi VA, Connor AM. Cytomegalovirus infection of the thyroid in immunocompromised adults. Yale J Biol Med. 1987 Jan-Feb;60(1):1-8. PMID: 3031887; PMCID: PMC2590227.
Janegova A, Janega P, Rychly B, Kuracinova K, Babal P. The role of Epstein-Barr virus infection in the development of autoimmune thyroid diseases. Endokrynol Pol. 2015;66(2):132-6. doi: 10.5603/EP.2015.0020. PMID: 25931043.
Jadali Z. Autoimmune thyroid disorders in hepatitis C virus infection: Effect of interferon therapy. Indian J Endocrinol Metab. 2013 Jan;17(1):69-75. doi: 10.4103/2230-8210.107856. PMID: 23776855; PMCID: PMC3659909.
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Article écrit par Sabrina Deschamps, biologiste, naturopathe fonctionnnelle, formatrice et fondatrice du site.
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