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avril 22, 2026Carence en fer et thyroïde : cause d’hypothyroïdie ?

Vous souffrez de fatigue chronique, de chute de cheveux, de frilosité excessive ou d'une prise de poids inexpliquée ? Vous avez peut-être déjà entendu parler d'hypothyroïdie. Mais ce qu’on ne vous a vous a peut-être pas dit, c'est que derrière ces symptômes peut se cacher un autre coupable : la carence en fer qui peut saboter votre fonction thyroïdienne. Les deux sont intimement liés.
En santé fonctionnelle, la carence en fer (ou anémie par carence en fer) et problème de thyroïde font souvent ménage ensemble. Cet article vous explique pourquoi — et surtout, quoi faire.
Comprendre la thyroïde et son rôle dans l'organisme
La glande thyroïde, située à la base du cou, est un véritable chef d'orchestre métabolique. Elle produit deux hormones essentielles : la thyroxine (T4) et la triiodothyronine (T3), cette dernière régulant une multitude de fonctions vitales :
- Le métabolisme de base et la gestion du poids
- La température corporelle
- La croissance et le renouvellement des cheveux, de la peau et des ongles
- La fonction cardiaque et la circulation sanguine
- L'humeur, la concentration et l'énergie mentale
- La fertilité et le cycle menstruel
Lorsque la thyroïde fonctionne en sous-régime, on parle d'hypothyroïdie. Les taux de TSH s'élèvent, la T3 libre et la T4 libre chutent, et le corps entre dans une sorte de ralentissement général. Mais ce que l'on ignore souvent, c'est que le fer joue un rôle direct dans ce mécanisme.
Carence en fer et thyroïde : quel est le lien ?
Le fer, acteur clé de la synthèse hormonale
La production des hormones thyroïdiennes ne se fait pas sans une enzyme : la thyroperoxydase (TPO), une enzyme qui dépend du fer pour fonctionner. Sans fer en quantité suffisante, cette enzyme est moins active, ce qui fait chuter directement la synthèse de T3 et T4.
Par ailleurs, la conversion de la T4 en T3 active (la forme utilisable par les cellules) est également compromise en cas de ferritine basse.
La ferritine est la principale protéine de stockage du fer et reflète plus justement votre taux de fer. Un taux de ferritine bas peut générer une hypothyroïdie.
Une relation bidirectionnelle
Le lien entre carence en fer et thyroïde est bidirectionnel : non seulement le manque de fer altère la production hormonale thyroïdienne, mais l'hypothyroïdie elle-même aggrave la carence en fer. Un ralentissement thyroïdien diminue l'acidité gastrique, réduit l'absorption intestinale du fer et perturbe l'érythropoïèse (la fabrication des globules rouges). Un véritable cercle vicieux.
Les symptômes qui doivent vous alerter
Les symptômes d'une carence en fer et d'une hypothyroïdie se recoupent fortement. C'est pourquoi les deux conditions sont souvent confondues ou détectées séparément, sans qu'on en explore le lien commun :
- Fatigue intense et persistante, même après une nuit de repos
- Chute de cheveux diffuse, ongles cassants
- Prise de poids inexpliquée ou difficulté à maigrir
- Frilosité excessive, mains et pieds froids
- Brouillard mental, troubles de la concentration
- Peau sèche, teint terne, pâleur
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces symptômes, il est temps d'aller explorer plus loin.
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Carence en fer et thyroïde : quel bilan faire ?
Il sera intéressant d’approfondir votre biologie pour faire les liens et adopter une stratégie la plus fine possible (via votre médecin, votre endocrinologue ou directement en laboratoire si vous le souhaitez) :
- TSH, T3 libre, T4 libre : pour évaluer l'axe thyroïdien dans son ensemble
- Anticorps anti-TPO et anti-thyroglobuline : pour voir s’il y a une attaque auto-immune de la thyroïde
- Ferritine : idéalement autour de 70-80 µg/L pour un bon fonctionnement thyroïdien
- Vitamine B12, vitamine D, sélénium, zinc : cofacteurs de la thyroïde et parfois associés à la carence en fer
- Iode urinaire : brique indispensable à la production de vos hormones thyroïdiennes
Un taux de ferritine « dans les normes » (parfois dès 10 µg/L) ne signifie pas que vous avez suffisamment de fer pour une bonne fonction thyroïdienne. Les valeurs fonctionnelles sont bien plus exigeantes.
Premières solutions naturelles à mettre en place
1. Optimiser son alimentation pour éviter la carence en fer
Le fer héminique (issu des protéines animales) est le mieux absorbé par l'organisme. Le fer non héminique (végétal) nécessite un cofacteur pour être assimilé :
- Augmentez les sources de fer héminique : viande rouge de qualité, foie, fruits de mer (moules, palourdes).
- Associez le fer végétal à la vitamine C : lentilles + poivron rouge (cru), épinards + jus de citron. La vitamine C multiplie l'absorption du fer non héminique.
- Évitez les inhibiteurs d'absorption lors des repas riches en fer : café, thé, lait, phytates (céréales non trempées). Espacez-les d'au moins 2 heures.
- Prenez soin de votre muqueuse intestinale : un intestin perméable ou inflammé absorbe mal le fer.
2. Soutenir la thyroïde de façon globale
La carence en fer n'est souvent qu'une pièce du puzzle. Pour que la thyroïde fonctionne de façon optimale, elle a besoin d'autres nutriments essentiels :
- Sélénium : indispensable à la conversion T4 → T3 et à la protection en cas d'auto-immunité thyroïdienne (Hashimoto)
- Zinc : cofacteur de nombreuses réactions enzymatiques thyroïdiennes
- Iode : substrat direct des hormones thyroïdiennes
- Protéines : pour fournir la tyrosine, deuxième brique de fabrication des hormones thyroïdiennes
- Vitamine D : modulatrice du système immunitaire, souvent déficitaire dans les thyroïdites auto-immunes
3. Réduire les facteurs aggravants
En naturopathie fonctionnelle, nous cherchons toujours à identifier les causes profondes biologiques. Une carence en fer récidivante peut indiquer une gastrite, une hypochlorhydrie (pas assez d’acidité gastrique), une infection à Helicobacter pylori, ou encore une maladie cœliaque non diagnostiquée, ou encore des règles très abondantes liées à un déséquilibre hormonal (dominance œstrogénique, endométriose).
De même, une hypothyroïdie persistante malgré un traitement par lévothyroxine peut cacher une conversion insuffisante de T4 en T3, souvent liée à un déficit en fer (entre autres).
Pourquoi la naturopathie fonctionnelle change tout
Sans comprendre pourquoi la carence en fer s'est installée, et sans corriger l'ensemble du terrain biologique, la stratégie reste incomplète et ne sera pas efficace.
En naturopathie fonctionnelle, je prends en compte votre biologie dans sa globalité : axe digestif, axe hormonal, terrain inflammatoire, gestion du stress et équilibre nutritionnel. C'est cette approche intégrative qui permet des transformations durables.
Mon programme Thyro Revolution et mes consultations sont nés de cette conviction : votre thyroïde ne peut se rééquilibrer seule si son environnement biologique est défavorable. Nous travaillons ensemble sur la nutrition, la correction des carences, l'optimisation digestive et la gestion du cortisol et de l'inflammation — tous des piliers indissociables d'une thyroïde qui fonctionne correctement.
Conclusion
La carence en fer et la thyroïde forment un tandem que l'on sous-estime encore trop souvent. Si vous souffrez de symptômes thyroïdiens persistants malgré un traitement, ou si vous vous sentez épuisée sans raison apparente, il est urgent d'explorer votre statut en fer — et bien au-delà. Votre corps envoie des signaux. Il est temps de les écouter vraiment.
Références scientifiques:
Luo J, Wang X, Yuan L, Guo L. Iron Deficiency, a Risk Factor of Thyroid Disorders in Reproductive-Age and Pregnant Women: A Systematic Review and Meta-Analysis. Front Endocrinol (Lausanne). 2021 Feb 25;12:629831. doi: 10.3389/fendo.2021.629831. PMID: 33716980; PMCID: PMC7947868 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33716980/
Gierach M, Rudewicz M, Junik R. Iron and ferritin deficiency in women with hypothyroidism and chronic lymphocytic thyroiditis - systematic review. Endokrynol Pol. 2024;75(3):253-261. doi: 10.5603/ep.97860. Epub 2024 Jun 26. PMID: 38923898 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38923898/
Garofalo V, Condorelli RA, Cannarella R, Aversa A, Calogero AE, La Vignera S. Relationship between Iron Deficiency and Thyroid Function: A Systematic Review and Meta-Analysis. Nutrients. 2023 Nov 15;15(22):4790. doi: 10.3390/nu15224790. PMID: 38004184; PMCID: PMC10675576 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38004184/
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Article écrit par Sabrina Deschamps, biologiste, naturopathe fonctionnnelle, formatrice et fondatrice du site.
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