
Basedow et Hashimoto : opposés, mais causes communes
août 3, 2026Basedow et alimentation : quels aliments en hyperthyroïdie ?

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Vous vivez avec une maladie de Basedow et vous vous demandez si votre alimentation peut réellement faire la différence ? C'est une excellente question, et la réponse est oui : l'alimentation constitue un levier complémentaire à votre accompagnement médical, documenté par la littérature scientifique, pour apaiser l'inflammation, soutenir votre immunité et mieux vivre avec cette maladie auto-immune de la thyroïde.
Dans cet article, je vous propose des pistes alimentaires et micronutritionnelles afin que vous puissiez construire une alimentation réellement adaptée à votre hyperthyroïdie.
Comprendre le lien entre alimentation et maladie de Basedow
Qu'est-ce que la maladie de Basedow ?
La maladie de Basedow (appelée Graves' disease dans la littérature anglo-saxonne) est la première cause d'hyperthyroïdie dans le monde (1). Il s'agit d'une maladie auto-immune : votre système immunitaire fabrique des anticorps anti-récepteurs de la TSH (TRAb ou TRAK) qui viennent stimuler en continu votre thyroïde, la poussant à produire un excès d'hormones thyroïdiennes (T4 et T3). Il en résulte un état d'hypermétabolisme responsable des symptômes que vous connaissez peut-être bien : palpitations, amaigrissement malgré un bon appétit, nervosité, tremblements, intolérance à la chaleur, fatigue, et parfois une atteinte oculaire appelée orbitopathie (ou ophtalmopathie) de Basedow.
Pourquoi l'alimentation influence les symptômes ?
Ces facteurs expliquent pourquoi votre alimentation est importante :
D'abord, certains micronutriments (sélénium, iode, fer, zinc) sont directement impliqués dans la fabrication et la régulation des hormones thyroïdiennes.
Ensuite, l'inflammation joue un rôle central dans les maladies auto-immunes : une alimentation anti-inflammatoire, riche en aliments bruts et pauvre en produits ultra-transformés, contribue à apaiser l'hyperactivité du système immunitaire.
L'axe intestin-thyroïde, un rôle sous-estimé
Près de 70 % de votre système immunitaire réside dans votre intestin. Les recherches sur l'axe intestin-thyroïde montrent qu'un déséquilibre du microbiote et une hyperperméabilité intestinale (le fameux « leaky gut ») pourraient favoriser le développement et l'entretien des maladies thyroïdiennes auto-immunes (2). C'est une des raisons pour lesquelles je travaille toujours, avec les personnes atteintes de Basedow, sur la santé digestive en parallèle du volet purement nutritionnel.
Les nutriments clés à privilégier en cas de maladie de Basedow
Le sélénium, minéral n°1 pour la thyroïde
Le sélénium est sans doute le micronutriment le mieux documenté dans la maladie de Basedow. Les personnes atteintes présentent plus fréquemment des taux sanguins de sélénium abaissés que la population générale (3). Or, une méta-analyse d'essais randomisés contrôlés - portant spécifiquement sur l'orbitopathie de Basedow - a montré que la supplémentation en sélénium améliorait significativement la qualité de vie et les symptômes oculaires par rapport au placebo (4). Un taux de sélénium plus élevé est également associé à un taux de rechute plus faible après traitement (5).
Sur le plan alimentaire, les meilleures sources sont les noix du Brésil, le poisson, la viande (de pâturage) et les œufs. Si vous envisagez une supplémentation, un avis professionnel via un suivi en naturopathie fonctionnelle est recommandé avant de vous lancer.
La L-carnitine soulage les symptômes
Moins connue, la L-carnitine est un acide aminé qui a montré, dans un essai clinique, sa capacité à réduire les symptômes d'hyperthyroïdie (palpitations, faiblesse musculaire, nervosité) et à protéger la minéralisation osseuse, avec un très faible risque d'effets secondaires (6). Une étude prospective plus récente a confirmé l'intérêt d'associer L-carnitine et sélénium au traitement classique par méthimazole pour améliorer les marqueurs thyroïdiens et la qualité de vie (7).
La vitamine D, pour moduler l'immunité
La vitamine D agit comme un véritable immunomodulateur : elle module la réponse immunitaire innée et adaptative, ce qui en fait une pièce importante du puzzle dans les pathologies auto-immunes.
Une étude a montré que les patients hyperthyroïdiens présentant un déficit en vitamine D avaient davantage tendance à rechuter après traitement (8), tandis qu'une méta-analyse portant sur les pathologies thyroïdiennes auto-immunes a mis en évidence une réduction des anticorps thyroïdiens sous supplémentation (9).
Faire vérifier votre statut en vitamine D, puis le corriger si besoin, fait partie des réflexes fondamentaux et à fort impact.
Les lecteurs ont aussi lu l'article "Hyperthroïdie : quelles solutions en naturopathie et micronutrition ?"
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Les aliments à privilégier au quotidien
Une alimentation favorable à la maladie de Basedow repose sur des piliers simples :
Des fruits et légumes antioxydants en abondance, en variant les couleurs (légumes verts, légumes feuilles, baies, légumes orange et jaunes).
Des protéines de qualité : petits poissons gras (maquereau, sardines), œufs bio, légumineuses et viandes de bonne qualité, pour préserver votre masse musculaire face à l'hypermétabolisme.
De bonnes graisses et des glucides complexes : huile d'olive vierge extra, avocat, noix, graines de lin ou de chia, quinoa, sarrasin, riz complet et lentilles pour une énergie stable.
Les aliments et nutriments à limiter
L'iode, une question d'équilibre plus que d'exclusion
Un excès comme une carence en iode peuvent perturber le fonctionnement de votre thyroïde. Une revue systématique avec méta-analyses portant sur plusieurs populations a confirmé qu'un apport iodé excessif comme insuffisant augmente le risque de pathologies thyroïdiennes, alors qu'un apport adéquat est associé à de meilleurs taux de rémission (14). En phase active de la maladie, il est généralement conseillé de limiter temporairement les aliments très riches en iode (algues, fruits de mer, sel iodé, produits laitiers en grande quantité), puis de les réintroduire progressivement une fois la fonction thyroïdienne stabilisée, idéalement avec l'accompagnement d'un professionnel.
Le gluten, il peut changer la donne
La question du gluten revient souvent en consultation. Elle n'est pas anodine : la maladie de Basedow est également associée à la maladie cœliaque (15), et une revue a documenté l'association fréquente entre pathologies thyroïdiennes auto-immunes et maladie cœliaque (16). La piste mérite d'être explorée en cas de doute, idéalement via un accompagnement en naturopathie. Sur le terrain j'observe de nettes améliorations au bout de plusieurs mois d'éviction du gluten. Je vous aide dans cette transition et vous donne tous les outils pour vivre ce changement en douceur.
Caféine, sucre et aliments ultra-transformés
La caféine peut amplifier l'anxiété, les tremblements et les palpitations, déjà présents dans l'hyperthyroïdie : mieux vaut la limiter, voire la supprimer selon votre tempérament.
Quant aux produits ultra-transformés et au sucre en excès, ils entretiennent l'inflammation et déséquilibrent le microbiote (lui même influençant l'inflammation).
Une alimentation la plus proche possible de son état naturel reste, ici comme ailleurs, votre meilleure alliée.
Des plantes à considérer, sous supervision
Deux plantes reviennent régulièrement dans la littérature sur l'hyperthyroïdie : la mélisse (Melissa officinalis) et le lycope (Lycopus europaeus, aussi appelé « bugleweed »). Des études, notamment animales, suggèrent qu'elles pourraient réduire la fréquence cardiaque et moduler la libération de TSH et d'hormones thyroïdiennes (17). Ces plantes doivent être utilisées avec encadrement, en particulier en association avec un traitement antithyroïdien.
Sur le terrain j'observe de bons résultats, ce qui permet à certaines personnes de réduire leur traitement, en accord et sous contrôle du médecin bien sûr.
Comment personnaliser votre alimentation ?
- Chaque profil et chaque histoire sont différents : c'est tout l'enjeu d'une approche fonctionnelle et individualisée.
- Tenez un carnet alimentation-symptômes : notez ce que vous mangez, à quelle heure, et l'évolution de vos symptômes (énergie, rythme cardiaque, anxiété, sommeil).
- Faites un bilan biologique complet : TSH, T3 libre, T4 libre, TRAb / TRAK, mais aussi statut en fer, en vitamine D et en sélénium.
Faites-vous accompagner par un professionnel pour croiser vos carences, votre vécu et vos symptômes, en complément de votre suivi médical.
Questions fréquentes sur l'alimentation et la maladie de Basedow
Quels aliments faut-il éviter en cas de maladie de Basedow ?
Il est généralement recommandé de limiter les aliments très riches en iode (algues, fruits de mer, sel iodé), la caféine, l'alcool, le sucre et les produits ultra-transformés et le gluten
Le sélénium est-il vraiment efficace contre la maladie de Basedow ?
Oui, c'est le nutriment le mieux documenté : plusieurs études, dont une méta-analyse d'essais randomisés, montrent des bénéfices sur l'orbitopathie et sur le risque de rechute (4)(5). Une supplémentation doit toutefois rester encadrée.
Peut-on guérir la maladie de Basedow uniquement par l'alimentation ?
Non. L'alimentation ne remplace pas le traitement. Elle agit en profondeur sur l'inflammation (cause de la maladie de Basedow), réguler l'auto-immunité, et améliorer votre qualité de vie et votre réponse au traitement.
Combien de temps avant d'observer des effets ?
Cela varie selon les personnes, les nutriments manquants et le degré de déséquilibre initial. Certains effets (énergie, digestion) peuvent apparaître en quelques semaines, tandis que l'évolution des anticorps ou de la fonction thyroïdienne se mesure plutôt sur plusieurs mois, via un suivi biologique régulier.
En résumé
La maladie de Basedow peut être gérée à travers plusieurs axes qui se complètent : votre alimentation, vos apports nutritionnels et micronutritionnels, la santé de votre intestin. Tous ces axes jouent un rôle documenté dans la gestion de la maladie de Basedow et dans votre qualité de vie au quotidien.
Chaque profil étant unique, la meilleure stratégie reste toujours celle qui est construite sur mesure.
Références scientifiques
- De Leo S, Lee SY, Braverman LE. Hyperthyroidism. Lancet. 2016;388(10047):906-918. PMID: 27038492.
- Knezevic J, Starchl C, Tmava Berisha A, Amrein K. Thyroid-Gut-Axis: How Does the Microbiota Influence Thyroid Function? Nutrients. 2020;12(6):1769. PMID: 32545596.
- Bülow Pedersen I, Knudsen N, Carlé A, et al. Serum selenium is low in newly diagnosed Graves' disease: a population-based study. Clin Endocrinol (Oxf). 2013;79(4):584-590. PMID: 23448365.
- Sharabati I, Qafesha RM, Hindawi MD, Amro S, Ayesh BM. The efficacy and safety of selenium supplementation versus placebo in the treatment of Graves' orbitopathy: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. Clin Endocrinol (Oxf). 2024;101(6):669-681. PMID: 39138905.
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Article écrit par Sabrina Deschamps, biologiste, naturopathe fonctionnnelle, formatrice et fondatrice du site.
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