
SIBO et hypothyroïdie : le guide complet
février 16, 2026Cholestérol et hypothyroïdie : risques et solutions efficaces

Depuis des années, le cholestérol est au cœur de toutes les préoccupations de santé publique. On l’accuse d’être responsable des maladies cardiovasculaires, des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux. Pourtant, le cholestérol n'est pas le bon "ennemi". Car il s’agit d’une substance essentielle pour produire grand nombre de molécules : coenzyme Q10, hormones sexuelles, vitamine D !!!
Le problème est plutôt lié au cholestérol oxydé (LDL oxydé) qui est celui qui risque lui de se coller à vos vaisseaux sanguins. Ce n'est donc pas la présence de cholestérol le problème, mais son oxydation!
Quelles sont les causes de hausse du cholestérol et de son oxydation?
- l'inflammation chronique
- les excès de radicaux libres
- les problèmes de microbiote (dysbiose intestinale)
- un ralentissement du métabolisme : c'est là que l'hypothyroïdie rentre en jeu.
Quel est le lien entre cholestérol et hypothyroïdie? Pourquoi un trouble de la thyroïde peut-il entraîner une hausse du cholestérol ? Et comment réduire les risques cardiovasculaires lorsque l’on souffre d’une hypothyroïdie ?
Dans cet article, nous allons explorer en profondeur la relation entre la thyroïde, le métabolisme, le cholestérol et le risque de maladies cardiaques, tout en détaillant les solutions naturelles, micronutritionnelles et les stratégies de prévention.
Qu’est-ce que le cholestérol et pourquoi est-il indispensable ?
Le cholestérol est une substance lipidique naturellement présente dans le sang. Il joue un rôle fondamental dans la construction des membranes cellulaires, la synthèse des hormones stéroïdiennes (comme les hormones sexuelles), la production de vitamine D et la fabrication des acides biliaires nécessaires à la digestion des graisses.
Contrairement à une idée reçue, la majorité du cholestérol circulant est produite par le foie. L’alimentation apporte une part complémentaire, notamment via les produits d’origine animale comme la viande, la charcuterie, les produits laitiers ou les œufs. Une alimentation riche en graisses saturées et en acides gras "trans" stimule la hausse du cholestérol, ce qui peut favoriser un déséquilibre lipidique.
LDL et HDL : le “mauvais” et le “bon” cholestérol
On distingue principalement deux types de lipoprotéines transportant le cholestérol dans le sang.
Le cholestérol LDL (lipoprotéines de basse densité) est souvent qualifié de “mauvais cholestérol”. Lorsqu’il est présent en excès ET oxydé, il peut s’accumuler sur la paroi des artères et former des plaques d’athérome. Ce phénomène, appelé athérosclérose, entraîne un rétrécissement des artères et augmente le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral.
Le cholestérol HDL (lipoprotéines de haute densité), au contraire, est considéré comme le “bon cholestérol”. Il aide à transporter l’excès de cholestérol vers le foie pour son élimination, contribuant ainsi à protéger le système cardiovasculaire.
Un bilan lipidique traditionnel comprend généralement le cholestérol total, le LDL, le HDL et les triglycérides. Un taux de LDL élevé, un HDL bas et des triglycérides augmentés constituent en général des facteurs de conclusion de risque cardiovasculaire. Cependant les informations sont incomplètes car nous n'avons pas d'information sur l'état d'oxydation du cholestérol, qui le vrai problème.
La thyroïde : une glande clé du métabolisme
La thyroïde est une glande située à la base du cou. Elle sécrète principalement deux hormones : la thyroxine (T4) et la triiodothyronine (T3). Ces hormones thyroïdiennes régulent le métabolisme basal, c’est-à-dire la vitesse à laquelle l’organisme fonctionne.
La production hormonale est contrôlée par la TSH (Thyroid Stimulating Hormone), sécrétée par l’hypophyse. Lorsque la thyroïde fonctionne insuffisamment, on parle d’hypothyroïdie. Dans ce cas, la TSH augmente pour stimuler la glande, tandis que les taux de T3 et T4 diminuent ou restent à la limite basse de la normale.
Les hormones thyroïdiennes influencent de nombreuses fonctions : fréquence cardiaque, température corporelle, poids, transit intestinal, fertilité, humeur, concentration et métabolisme des glucides et des lipides.
Lien entre hypothyroïdie et cholestérol élevé
Le lien entre hypothyroïdie et hypercholestérolémie est bien établi. Lorsque la fonction thyroïdienne ralentit, le métabolisme global diminue. Cette diminution affecte directement la capacité du foie à gérer le cholestérol.
En situation d’hypothyroïdie, les récepteurs hépatiques responsables de la capture du LDL sont moins actifs. Résultat : le cholestérol LDL s’accumule dans le sang. On observe alors une augmentation du cholestérol total et du LDL.
Il existe également une relation linéaire entre le taux de TSH et le cholestérol. Plus la TSH est élevée, plus le LDL tend à augmenter. Même une hypothyroïdie infraclinique, caractérisée par une TSH légèrement élevée avec une T4 normale, peut être associée à un profil lipidique défavorable.

Cholestérol et hypothyroïdie : quel risque cardiovasculaire?
L’hypercholestérolémie n’est pas la seule conséquence cardiovasculaire de l’hypothyroïdie. Ce trouble hormonal peut également entraîner:
- une inflammation chronique (accentuée en cas d'hypothyroïdie d'Hashimoto)
- notre fameuse oxydation des LDL (le "vrai" problème!)
- une diminution de la fonction cardiaque
La combinaison d’un cholestérol élevé, d’une inflammation et d’un ralentissement métabolique général augmente significativement le risque de maladies cardiovasculaires.
Il est donc essentiel de s'occuper du lien entre cholestérol et hypothyroïdie, et d'autant plus chez les femmes de plus de 45 ans, les personnes ayant des antécédents familiaux ou présentant des signes d'hypothyroïdie encore présents malgré leur traitement thyroïdien.
L'investigation
Des mesures biologiques régulières sont recommandées en fonction de l’âge, du sexe et des facteurs de risque cardiovasculaire. Chez les personnes présentant un cholestérol élevé, il est pertinent de vérifier la fonction thyroïdienne afin de vérifier si cela est la cause de la hausse de votre cholestérol.
Si vous savez déjà que vous avez une hypothyroïdie, la stratégie sera donc d'agir sur l'hypothyroïdie pour réduire votre cholestérol.
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Agir sur l’hypothyroïdie : un impact direct sur le cholestérol
Dans certains cas, le cholestérol demeure élevé malgré un traitement mis en place. Il peut alors être nécessaire d’associer des mesures hygiéno-diététiques et une stratégie en micronutrition afin d'agir sur:
- les carences en cofacteurs affectant la fonction thyroïdienne (zinc, sélénium, iode magnésium, fer, vitamine D, vitamine A, omega 3) : à individualiser selon vos carences propres
- l'activation de la T4 (thyroxine, forme inactive) en T3 (forme active)
Alimentation, activité physique et hygiène de vie
L’adoption d’une alimentation équilibrée joue un rôle central dans la régulation du cholestérol ET de la thyroïde. Une alimentation riche en fibres, en légumes, en fruits, en produits complets, en petits poissons gras riches en oméga-3 contribue à améliorer le profil lipidique.
La réduction des graisses saturées, des produits transformés et des sucres raffinés est également recommandée. L’activité physique régulière améliore le taux de HDL, favorise la perte de poids et diminue les facteurs de risque cardiovasculaire.
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Micronutrition de base
En complément d’une alimentation équilibrée, la naturopathie fonctionnelle met aussi l’accent sur la micronutrition afin de soutenir les mécanismes physiologiques impliqués dans la régulation hormonale et le métabolisme lipidique. L’objectif n’est pas simplement de corriger un chiffre sur une analyse sanguine, mais d’optimiser le terrain biologique dans son ensemble.
Parmi les bases incontournables, les oméga-3 occupent une place centrale. Ces acides gras essentiels participent à la modulation de l’inflammation, soutiennent la santé cardiovasculaire et contribuent à améliorer le profil lipidique, notamment en agissant sur les triglycérides. Ils jouent également un rôle dans la fluidité membranaire, essentielle à la bonne communication hormonale.
Le magnésium est un autre pilier fondamental. Souvent déficitaire en raison du stress chronique, il intervient dans plus de 300 réactions enzymatiques. Il soutient l’équilibre nerveux, l'équilibre thyroïdien et participe indirectement à la régulation du métabolisme énergétique.
La vitamine D, quant à elle, agit comme une véritable hormone immunomodulatrice. Elle influence la fonction immunitaire, particulièrement importante en cas d’hypothyroïdie d’origine auto-immune, et contribue à la prévention du risque cardiovasculaire. De nombreuses personnes présentent une insuffisance sans le savoir (souvent car la supplémentation est inadaptée et non personnalisée), ce qui peut entretenir fatigue, inflammation et déséquilibres métaboliques.
Bien entendu, ces trois nutriments ne constituent qu’une base. Selon le contexte individuel, d’autres éléments comme le sélénium, le zinc, l'iode, le fer ou encore l’équilibre du microbiote intestinal peuvent nécessiter une attention particulière. Toute complémentation doit être adaptée à vos besoins spécifiques, à vos carences et à votre histoire santé.
C’est précisément là qu’un accompagnement personnalisé prend tout son sens. Une stratégie ciblée, construite à partir d’un entretien + bilan des carences complets, permet d’agir de manière précise et cohérente pour soutenir la thyroïde, améliorer le cholestérol et réduire durablement le risque cardiovasculaire, sans standardisation ni supplémentation hasardeuse (je peux vous aider en consultation à ce sujet)
Conclusion : une approche globale pour protéger le cœur
La relation entre cholestérol et hypothyroïdie illustre parfaitement l’interconnexion des systèmes hormonaux et cardiovasculaires. Un ralentissement thyroïdien peut perturber le métabolisme lipidique, augmenter le cholestérol LDL et favoriser l’athérosclérose s'il s'oxyde.
Heureusement, un accompagnement adapté permet souvent de normaliser la fonction thyroïdienne et de réduire significativement le risque de maladies cardiovasculaires.
Prendre soin de sa thyroïde, adopter une alimentation saine, avoir une micronutrition personnalisée et pratiquer une activité physique régulière constituent les piliers d’une stratégie efficace.
Comprendre ce lien fondamental entre thyroïde et cholestérol permet d’agir à la source et de préserver durablement son cœur.
Références scientifiques:
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Faure P, Oziol L, Artur Y, Chomard P. Thyroid hormone (T3) and its acetic derivative (TA3) protect low-density lipoproteins from oxidation by different mechanisms. Biochimie. 2004 Jun;86(6):411-8. doi: 10.1016/j.biochi.2004.04.009. PMID: 15283976.
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Article écrit par Sabrina Deschamps, biologiste, naturopathe fonctionnnelle, formatrice et fondatrice du site.
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