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Dans ma pratique, j’ai remarqué que de nombreux troubles thyroïdiens restent présents malgré un traitement ou passent sous les radars. Ainsi de nombreuses personnes se retrouvent en errance sans considération de leurs maux.
Le problème passe donc totalement inaperçu, et on peut endurer longtemps des troubles comme une fatigue constante, des problèmes de poids, de la dépression et bien d’autres encore.
Si vous suspectez un dysfonctionnement thyroïdien, ou si vous connaissez quelqu’un dans cette situation, cet article détaille tous les marqueurs essentiels qui permettent d’identifier ces déséquilibres.
Dans cet article, j’aborde :
- Les principaux indicateurs thyroïdiens à connaître
- Comprendre les marqueurs hormonaux et nutritionnels
- La signification des valeurs de référence
- Comment ces résultats peuvent permettre d’avoir une stratégie complète et la plus efficace possible pour améliorer votre santé thyroïdienne
Important : les informations présentées ici sont basées sur mon expérience et sur les pratiques de la santé fonctionnelle, et peuvent ne pas être entièrement connues par les professionnels de santé qui ne pratiquent pas cette approche.
Comprendre les analyses de la thyroïde
Le dosage des hormones thyroïdiennes constitue la première étape pour détecter un trouble de la thyroïde et définir la stratégie appropriée par le corps médical.
Souvent, il est mesuré la TSH (hormone stimulant la thyroïde) et parfois la T4 pour identifier un problème de thyroïde. Or, ces marqueurs ne permettent pas de détecter :
- les troubles thyroïdiens auto-immuns (comme Hashimoto ou Basedow)
- les problèmes de conversion de T4 en T3 (forme active)
- les causes profondes de dysfonctionnement thyroïdien (carences, fatigue des surrénales…)
C’est pourquoi il est vraiment pertinent de réaliser un check-up complet (prescrit par un médecin ou à demander directement à votre initiative à un laboratoire), incluant non seulement la TSH et la T4, mais aussi la T3, les anticorps thyroïdiens (anti-TPO, anti-TG, TRAK) et autres cofacteurs que nous allons voir.
Des taux élevés d’anticorps indiquent un processus auto-immun actif dans la thyroïde et donc permettre d’adapter la stratégie d’action : dans ce cas précis la thyroïde n’est qu’une victime d’un processus plus profond sur lequel vous pouvez agir (au début sous supervision en santé fonctionnelle) à travers le travail de la santé intestinale (un des berceaux de l’immunité) et la régulation de l’inflammation chronique.
Une échographie thyroïdienne, prescrite par un médecin ou un endocrinologue, peut également être utile pour appuyer la présence de ces dérèglements (diagnostic posé également par votre médecin ou endocrinologue).
Un bilan des carences en nutriments nécessaires au bon fonctionnement de la thyroïde et de ses hormones sera aussi très important afin de pouvoir ajuster en naturopathie fonctionnelle la stratégie nutritionnelle et micronutrionnelle.
Analyses de la thyroïde: comment s’y prendre concrètement ?
Pour ceux à qui on n’a pas prescrit toutes les analyses de la thyroïde citées et qui souhaitent les compléter, vous avez plusieurs options pour explorer vos faiblesses hormonales, vos besoins micronutritionnels et optimiser votre santé thyroïdienne :
- Demander à rajouter ce qui manque directement auprès du laboratoire, lors de votre prise de sang (à vos frais)
- Passer par Juvenalis, qui a un partenariat avec les laboratoires Eurofins (liste disponible sur leur site internet) et qui propose un pack financièrement intéressants (à vos frais) : https://www.juvenalis.com/nos-bilans-preventifs/thyrocheck-thyroide/
- Passer par des laboratoires type LIMS ou Barbier (à vos frais) : on vous envoie un kit d’analyse chez vous, vous trouvez un professionnel pour vos prélèvements, et vous renvoyez vos prélèvements par voie postale.
Décryptons maintenant les 12 principaux marqueurs thyroïdiens à vérifier pour évaluer la santé de votre thyroïde

1- La TSH
La TSH (hormone stimulant la thyroïde) est le test principal officiellement utilisé pour détecter les troubles thyroïdiens et évaluer l’efficacité de votre traitement (si vous en avez un) par votre médecin ou endocrinologue.
Il est important de noter que les plages de TSH jugées normales peuvent varier : certains laboratoires utilisent une plage « normale » très large (0,2 à 6,0 μUI/mL), ce qui peut conduire à passer sous les radars. D’après certaines études scientifiques, la plage optimale santé est de 0,5 à 2,0 μUI/mL, et en santé fonctionnelle, nous considérons souvent qu’un taux optimal pour un adulte en bonne santé se situe aussi entre 0,5 et 2 μUI/mL. MAIS ne pas se cantonner à cette valeur uniquement !
Discutez-en toujours avec votre médecin ou endocrinologue, car un taux légèrement élevé peut déjà indiquer un trouble thyroïdien nécessitant un suivi médical.
Informations pratiques :
- Valeurs optimales santé : 0,5-2 μUI/mL ou mUI/L
- Il est recommandé de faire vos analyses tôt le matin à jeun et de réaliser la prise de votre traitement thyroïdien (si vous en avez un) et/ou vos compléments alimentaires après, afin d’obtenir des résultats précis. La prise de vos traitements (et/ou compléments alimentaires) avant le test peut faire changer le taux de TSH. De plus, la biotine, une vitamine retrouvée dans certains compléments alimentaires peut également faire varier le taux de TSH. Si c’est votre cas stopper la prise 48h avant.
2- Les hormones thyroïdiennes : T4 et T3
La thyroïde produit plusieurs hormones, et ce qui nous intéresse sont la T4 libre (thyroxine) et la T3 libre (triiodothyronine). La T4 est beaucoup moins active biologiquement que la T3, qui elle est la forme réellement active, essentielle pour l’énergie et le métabolisme.
La plupart des traitements contiennent uniquement de la T4, qui doit donc être convertie en T3 par votre corps pour agir efficacement. Or, cette conversion n’est pas toujours optimale chez tout le monde. Bonne nouvelle, on peut aider cette conversion en soutenant les organes qui font cette conversion (foie, intestins, muscles notamment) et en apportant les nutriments nécessaires par l’alimentation et la micronutrition !
Que faire des valeurs obtenues ?
- Les T3 libre et T4 libre doivent être évalués en même temps pour évaluer la conversion de la T4 en T3.
- Idéalement, les deux valeurs évoluent de façon cohérente.
- Si la T4 est correcte mais la T3 basse, votre conversion n’est pas optimale.
Informations pratiques :
- Faites les analyses tôt le matin, avant de prendre vos hormones thyroïdiennes et compléments alimentaires.
- Évitez la biotine au moins 48h avant le prélèvement, car elle peut fausser les résultats de T3 et T4.
L’histoire d’une consultante
Malgré son traitement prescrit par son médecin, une de mes consultantes souffrait encore de chute de cheveux et de fatigue. Les résultats des analyses montraient une T4 libre correcte mais une conversion en T3 légèrement sous-optimale. En parallèle, on a découvert qu’elle avait une carence en fer et en zinc, ce qui affecte la conversion de T4 en T3 et contribue à la chute de cheveux.
On a alors travaillé en micronutrition ainsi que son assiette ce qui a amélioré ses symptômes. Bien que la ferritine et le zinc ne soient pas des marqueurs « thyroïdiens », ils font partie des nutriments à vérifier car le fer et le zinc sont des cofacteurs indispensables à la production d’hormones thyroïdiennes. Voir mon post sur le lien entre fer et thyroïde en CLIQUANT ICI
3- Les anticorps de la thyroïde
Certains anticorps peuvent s’attaquer à la thyroïde, signalant que le système immunitaire la considère comme un corps étranger. Dans Hashimoto, cette réaction auto-immune se traduit par une perte de « tolérance » envers ses propres tissus, avec également une élévation des anticorps antithyroïdiens (anti-TPO et anti-TG). Dans le cas de Basedow les anticorps concernés (TRAK) suractivent la glande thyroïde.
La majorité des personnes qui ont Hashimoto ou Basedow présentent des anticorps, souvent bien avant que cela se voit sur la TSH. Ainsi, même si votre TSH est normale, des anticorps élevés indiquent qu’une « attaque » de la thyroïde est en cours et que des actions doivent être mis en place.
PS: pour information il est possible d'avoir des anticorps à la fois de Hashimoto et de Basedow !
Leur suivi peut aider à évaluer votre évolution et l’efficacité des changements que vous allez mettre en place.
Pourquoi surveiller vos anticorps ? Leur suivi permet non seulement de confirmer le diagnostic par le médecin ou l’endocrinologue, mais aussi de mesurer la progression ou la rémission.
Selon la santé fonctionnelle voici les valeur optimales santé à avoir en tête :
- pour les anticorps liés à Hashimoto : être inférieur à 2 UI/mL
- Pour les TRAK (Basedow) être inférieur à 1,5 UI/L
La détection précoce et le suivi régulier des anticorps permettent d’intervenir avant que la thyroïde ne subisse des dommages permanents.
Fréquence : idéalement un suivi tous les trimestres, surtout au début des changements de mode de vie, la prise de compléments spécifiques et/ou la prise de traitement. Une diminution des anticorps, accompagnée d’une amélioration des symptômes, indique une évolution positive. Ensuite les suivre tous les 6 mois suffit.
4- La T3 reverse (rT3)
La rT3 est une forme inactive de la T3 produite dans divers circonstances (jeûne, sous-calorie, régimes à répétition, stress chronique, inflammation). Elle se fixe aux récepteurs thyroïdiens mais les bloque, ralentissant donc le métabolisme. Cela explique pourquoi le stress chronique peut réduire la conversion de la T4 en T3 active. Dans ce cas de figure votre TSH peut ne pas bouger (on passe encore sous les radars !).
Ce marqueur peut aider à détecter d’où vient le problème de baisse de T3. Cependant, il n’est pas obligatoire : pour la plupart des personnes, le dosage de la T4 libre et de la T3 libre donne déjà des pistes.
En cas de rT3 élevée, il faudra investiguer sur la raison de cette surproduction, et agir à la source à travers la naturopathie fonctionnelle. Ces marqueurs sont surtout utilisés par des médecins intégratifs ou des praticiens en santé fonctionnelle si cela s’avère pertinent. Plage optimale : 15-30 ng/dL.

5- Ne pas oublier d’écouter vos symptômes
On a vite tendance à se focaliser sur les chiffres et oublier les bases : vous ! Une bonne enquête doit tenir compte de ce que votre corps dit en parallèle des valeurs biologiques. Car comme vous le comprenez maintenant, on peut passer rapidement à côté selon comment on regarde les chiffres ! Vos symptômes sont un indicateur essentiel de votre fonction thyroïdienne et ne sont pas à négliger.
Signes fréquents d’hypothyroïdie : fatigue, prise de poids, froid, constipation, chute de cheveux, peau sèche, brouillard cérébral, problèmes de fertilité, ralentissement cardiaque, humeur changeante.
Signes fréquents d’hyperthyroïdie : perte de poids, palpitations, anxiété, insomnie, tremblements, intolérance à la chaleur, transpiration excessive, nervosité.
Conseil pratique : notez vos symptômes dans un carnet ou un tableau, évaluez leur gravité de 1 à 10 et suivez leur évolution au fil du temps une fois que vous avez une stratégie mise en place (médicale et naturopathie fonctionnelle).
6 - Les 6 nutriments clés à évaluer pour votre fonction thyroïdienne
Certains nutriments sont essentiels pour le bon fonctionnement de la thyroïde et des hormones T4/T3. Leur déficit peut favoriser ou aggraver les problèmes de thyroïde, altérer la conversion de la T4 en T3, ou favoriser/amplifier la réponse auto-immune (dans le cas de Basedow ou Hashimoto). Voici les 6 nutriments clés :
- Sélénium : indispensable à la conversion de la T4 en T3 et à la protection de la thyroïde contre le stress oxydatif.
- Zinc : participe à la synthèse de la TSH et à la conversion de la T4 en T3.
- Fer (via mesure de la ferritine) : indispensable à la production d’hormones thyroïdiennes
- Iode : brique constitutive des hormones T4 et T3, mais à consommer avec prudence dans les cas d’hyperthyroïdie.
- Vitamine D : son déficit est associé à une augmentation du risque de maladies auto-immunes thyroïdiennes. De plus elle est indispensable à l’action de la T3 dans vos cellules, afin d’activer le métabolisme !
- Vitamine B12 : essentielle à la synthèse des hormones thyroïdiennes, à la régulation immunitaire et au métabolisme
La mesure de ces nutriments permet non seulement de détecter des carences, mais aussi de mettre en place des interventions ciblées et personnalisées pour optimiser la fonction thyroïdienne et soutenir les maladies auto-immunes de la thyroïde.
Conclusion sur les analyses de la thyroïde
La combinaison de ces 12 marqueurs (TSH, T4 libre, T3 libre, RT3, anticorps, étude des symptômes et les 6 nutriments clés) est essentiel pour évaluer avec précision les dysfonctionnements thyroïdiens et mettre en place une stratégie d’action efficace (nutrition, micronutrition, hygiène de vie). Surveillez ce que dit votre corps, vos hormones et vos carences nutritionnelles, ce sera la meilleure façon de personnaliser et d’optimiser votre santé thyroïdienne.
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Références :
Shulhai, A.-M.; Rotondo, R.; Petraroli, M.; Patianna, V.; Predieri, B.; Iughetti, L.; Esposito, S.; Street, M.E. The Role of Nutrition on Thyroid Function. Nutrients 2024, 16, 2496.
Fröhlich E, Wahl R. Thyroid Autoimmunity: Role of Anti-thyroid Antibodies in Thyroid and Extra-Thyroidal Diseases. Front Immunol. 2017;8:521. Published 2017 May 9. doi:10.3389/fimmu.2017.00521
Duntas LH. Nutrition and thyroid disease. Curr Opin Endocrinol Diabetes Obes. 2023 Dec 1;30(6):324-329. doi: 10.1097/MED.0000000000000831. Epub 2023 Aug 13. PMID: 37578378.
Shulhai AM, Rotondo R, Petraroli M, Patianna V, Predieri B, Iughetti L, Esposito S, Street ME. The Role of Nutrition on Thyroid Function. Nutrients. 2024 Jul 31;16(15):2496. doi: 10.3390/nu16152496. PMID: 39125376; PMCID: PMC11314468.
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Article écrit par Sabrina Deschamps, biologiste, naturopathe fonctionnnelle, formatrice et fondatrice du site.
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8 Comments
Article très intéressant complet et clair. Merci.
Je vous en prie ! Merci pour votre retour!
Bonjour et merci pour cet article très pertinent et qui reprend bien les investigations à entreprendre en cas de doutes!
J’aurais aimé avoir votre avis sur le lien entre les hormones stéroïdes et le dérèglement hormonal de la thyroïde, particulièrement pour les maladies auto-immunes que sont Hashimoto et Basedow chez la femme. Est ce que vous les faites doser aussi? Comment appréhendez-vous cette problématique dans les moments clés des changements hormonaux de la vie d’une femme (puberté, post partum, périménopause…)? D’avance merci pour votre retour!
Merci beaucoup pour cette question, très pertinente.
Il existe en effet des liens étroits entre les hormones stéroïdes et la fonction thyroïdienne, notamment via leur influence sur le système immunitaire. Chez la femme, les variations hormonales (puberté, post-partum, périménopause…) peuvent parfois favoriser l’expression ou le déséquilibre de maladies auto-immunes comme Hashimoto ou Basedow.
Les dosages hormonaux ne sont toutefois pas systématiques : ils sont envisagés au cas par cas, selon les personnes et le contexte, dans une approche globale et individualisée
Je suis 100% d’accord avec toi : la thyroïde est un puzzle, et on ne peut pas se contenter de la TSH (contrairement à ce que pense la sécu !).
Oui souvent pour comprendre réellement ce qui se passe, il faut parfois regarder au-delà d’un seul chiffre et remettre les choses dans un contexte plus précis. La thyroïde s’explore rarement avec un seul élément.
Merci pour cet article bien détaillé pour suivre ses troubles de la tyroïde. As-tu une idée des coûts d’un bilan global à notre charge?
Cela peut varier d’un laboratoire à l’autre, difficile de répondre Juvenalis et LIMS partagent leurs tarifs. Ensuite je conseille toujours passer par le médecin d’abord car selon le contexte de la personne il peut en prescrire certaines. Désolée c’est un peu une réponse Suisse 🙂